jeudi 28 février 2008
Le Blogue Maudit
Jeudi 28 fevrier 2008, 23h57.
Je surfe le Net a la recherche d'un site sur les poetesses burlesques du 19e siecle, celles qui n'avaient pas peur de se mettre a nu - au sens propre comme au figure (elles recitaient leurs poemes derriere des eventails de plumes geantes, accompagnees par des cuivres sulfureux).
Au lieu de cela, je me retrouve, au detour d'un clic, sur un blogue inconnu. A la fois etrange et etranger, il a quelque chose qui m'hypnotise.
Je ne sais pas ce que je fais la, mais je suis incapable de m'en aller. Ce serait pourtant tres facile.
Mais je reste la, figee, a etudier ce blogue qui n'en est pas un: une banniere indechiffrable; pas de billet; auteur inconnu(e); aucune archive; des commentaires bien entendu inexistants... c'est fade, presque ininteressant... Et pourtant, a regarder ce foetus avorte de blogue, un malaise s'empare lentement de moi.
Si ce n'etait pour une video, il serait d'ailleurs completement desert.
Immediatement, un choix s'impose a moi: cliquer ou ne pas cliquer? je peux encore passer mon chemin. Cette video n'est probablement pas transcendante. La regarder ne m'apporterait surement rien.
Mais ca ne me prendrait rien non plus.
Enfin, si: quelques secondes de mon temps. Mais je ne suis pas pressee, a cette heure-ci. J'ai toute la nuit devant moi.
Je clique.
Juste apres avoir visionne la video, comme un coup de poing, une nausee m'envahit. J'ai la tete qui tourne, on dirait que je vais m'evanouir.
Je panique, je ne sais pas ce qu'il m'arrive. Envolees, les poetesses burlesques et leurs vers aussi frivoles que leurs jupons.
Je regarde l'heure: 00h03. Je me sentais plutot bien, il y a cinq minutes. Que s'est-il donc passe? c'est la premiere fois que je me sens aussi mal. J'ai l'impression absurde que je vais mourir.
Soudain, un bruit me ramene a la realite: le 'tilup' familier de ma messagerie. L'ordinateur m'informe que j'ai un nouveau message. A cette heure-ci? une autre ame insomniaque?
J'ouvre le message sans me poser de questions. L'expediteur n'est qu'une serie de symboles illisibles, suivi de '@310gm4ud1t.com'. Surement du spam. Quoi d'autre?
Le contenu du message est simple et tient en deux mots:
SEPT JOURS
Sept jours? une semaine? pour quoi faire? (ou ne pas faire?) une date limite? un sursis?
C'est surement une blague d'un gout douteux ou un email qui s'est fourvoye...
Peu importe: son destin se termine dans ma corbeille virtuelle.
Apres toutes ces emotions, je decide d'eteindre l'ordi. Je n'ai decidement plus aucune envie de surfer paresseusement.
Mon sentiment de malaise s'accroit. Les ombres deviennent toutes menacantes. J'ai l'impression d'avoir une epee de Damocles au-dessus de la tete. Ce n'est pas mon genre d'etre aussi facilement effrayee. Je suis plutot rationelle.
Mais ce soir, pour une raison que je n'arrive pas a expliquer, j'ai une frousse bleue. Tout simplement.
'Ca ira mieux demain', me dis-je d'une voix apeuree, a peine audible. 'Une bonne nuit de sommeil, et ca sera oublie.'
Mais quelque chose me dit que je n'arriverai pas a fermer l'oeil, ce soir.
Ecrit pour le blog des equipieres.
mardi 26 février 2008
Jazz
Ce soir, je suis fatiguee et je n'ai pas beaucoup d'inspiration...
Alors je vous offre cette petite video, certains d'entre vous l'ont vue, d'autres peut-etre pas...
C'est une ode a un style de musique que j'affectionne tout particulierement.
C'etait une experience, une experimentation: ecrire un 'poeme' long et a la maniere des 'slammeurs' (meme si je ne slamme pas beaucoup dans la video).
Un 'spoken word', plus ou moins (sans la musique)... enfin, je ne saurais pas vraiment le decrire...
Voici:
Pour slammer avec moi:
jazz
le cri d’une trompette comme un éclair bleu dans
une tempête blanche déchire le silence
dans la nuit noire où seul brille et scintille
le clair de lune muet et taciturne
la contrebasse vibre de toutes ses fibres
résonne et raisonne
les cymbales toutes ensemble se balancent et se
baladent
tous azimuts les néons au zénith clignotent avec zèle
et les étoiles clignent de l’œil
sous le ciel de minuit comme un feu d’artifice ils
étincellent
les lumières sont des repères sans elles tu te
perds tu espères
passer de l’autre cote te surpasser te dépasser et
t’exposer sans t’abîmer
jazz
ce mot si court qui dit de si longs discours
ce nom comme un refrain obsédant entêtant
s’obstine à ne pas te quitter
les limites ne sont plus la frontière est rompue
les mondes abondent s’abandonnent se répondent
se superposent se juxtaposent
la fumée le parfum se mélangent et ne font qu’un
on s’acoquine avec l’alcool on combine les
cocktails de whisky coca et de gin tonic
l’esprit des spiritueux s’incruste dans cette soirée
si solaire
jazz
attirant comme une belle femme aux formes
voluptueuses
entêtant comme son parfum aux notes capiteuses
et tape à l’œil comme sa robe somptueuse
ses rythmes un tantinet tabous t’interpellent
loquaces ils te parlent t’agacent te charment
la musique se fait plus forte on lui porte un
toast on trinque en son nom
c’est un port une escale un rêve une trêve
tout à la fois langoureuse et excitante lente et décadente
elle t’invite dans les méandres de son antre
et tu ne résistes pas tu te désistes tu n’hésites
pas
la belle susurre ton nom et hypnotisé tu réponds à
son appel
jazz
la simple force de ce nom suffit à te faire perdre
sans efforts la raison
doucement tu vacilles tu tangues et tu vrilles
encore et encore tu tombes et sans relâche tu succombes
d’aplomb sa puissance te surplombe
lascif sensuel il hulule des rythmes effrénés
chaloupés charnels
peu importe ce que l’on rapporte
la tentation pour toi est la plus forte
et c’est elle qui t’emporte
et tu fais table rase tu tires un trait sur qui tu
étais
et tu deviens autre
un être sans fautes
tu renais
jazz
Le prochain billet sera publie le jeudi 28 a onze heures GMT et minuit si vous habitez en France ou en Belgique...
Pourquoi? parce que je participe a la legende du blog maudit...
Mais si vous ne vous sentez pas d'attaque a attendre, ne vous inquietez pas, le billet sera toujours la le lendemain!
lundi 25 février 2008
Nocturne
Les étoiles filent
Le ciel pleure sur la ville
La lune cligne de l’oeil
Les étoiles filent
Le ciel pleure sur la ville
La lune cligne de l’oeil
Tel un cyclope céleste
Elle veille et elle guette sans cesse.
samedi 23 février 2008
Les prostituees Normandes
(Si ca, ca ne 'booste' pas mes stats...)
En 2003, ma soeur numero 1 habitait a Vire, en Normandie.
Nous sommes alles lui rendre visite, Crouton, ma mere et moi, pour Paques. Nous ne sommes restes que deux nuits.
Sa maison etait une grande demeure a deux etages en plein centre de Vire, et pres de l'eglise (quand les cloches sonnaient, c'etait quelque chose!). C'etait une vieille maison aux planchers en bois, pas de moquette ni de tapis. Elle avait quelque chose de 'rustique' et d'authentique. Le seul inconvenient et qu'il y faisait tres froid et qu'elle etait bien trop grande pour 3 personnes (ma soeur, mon neuveu et ma niece). L'avantage etait que nous avions chacun notre chambre.
Passee la premiere nuit, ma mere se plaint d'avoir entendu 'des talons marcher sans arret au-dessus de sa tete' (notre chambre).
Peu de chance, je ne porte pas de talons, et je ne suis pas noctambule. Itou pour le Crouton.
On part donc a l'exploration de la maison, jusqu'au grenier (ou l'on avait une vue imprenable de l'eglise et de ses cloches), mais on ne trouve rien qui explique ce bruit de pas (que seule ma mere a entendu, d'ailleurs).
Plus tard dans la soiree...
Nous sommes tous les six en train de regarder un film quelconque lorsque ma mere se reveille de son demi-sommeil: 'Ca recommence'.
'Quoi?'
'Les talons, la, au-dessus de ma tete. Vous n'entendez rien?'
On avoue tous que non...
Ma mere, Crouton, et moi allons dans notre chambre. Rien, toujours la meme chambre, elle n'a pas changee... (cmme dirait M. Iglesias...)
Ma mere entreprend alors de nous expliquer d'ou vient ce bruit...
Des prostituees Normandes de la seconde Guerre Mondiale (rien que ca!!) auraient habite dans la maison de ma soeur, qui a ce que j'ai compris etait une maison de passe. Elles louaient leurs services (a moins qu'elles ne les aient gratuitement offerts, dans leur generosite?) aux soldats Nazis qui etaient dans les parages.
Maintenant, coincees entre l'Au-Dela et l'En-Dessous, elles repetaient ces gestes ancestraux a chaque nuit: elles s'habillaient, allaient se repoudrer le nez dans la salle de bains (qui etait juste a cote), puis revenaient dans la chambre, et ainsi de suite... J'imagine des femmes aux talons hauts et fins, des robes longues, des verres de vin rouge efleures du bout des levres... surement tres eloigne de la realite.
L'histoire ne dit pas si les soldats Allemands les ont rejoint...
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Edit du soir: rien a voir avec le billet, mais suite a la demande de Val sur cette entree, me voici avec mes cheveux fraichement coupes de ma blanche main:
J'ai l'air fatiguee la-dessus... note pour plus tard: essayer de dormir la nuit.
jeudi 21 février 2008
Au travail
S'il y a une chose que j'aime par-dessus tout, au travail, c'est de rever.
Quand je bosse, j'ai toujours envie d'ecrire.
Pas de ne rien faire, car je fais toujours mon travail, mais de temps en temps, je decroche.
Je suis irresistiblement attiree par les larges fenetres. J'aime regarder le ciel et rever. Imaginer des histoires, reflechir a mes textes, chanter dans ma tete.
Des fois, j'ecris en douce. J'aime ecrire au travail, c'est tres agreable.
J'ecris aussi pendant mon temps libre, mes pauses. C'est d'ailleurs durant l'une d'elle que j'ai ecrit ceci. Et d'autres textes. je dois probablement etre cataloguee comme 'l'etrangere qui parle peu et ecrit toujours pendant ses pauses'. Je m'en fiche. A vrai dire, ca me plait.
Ou peut-etre que les autres s'en fichent completement.
mardi 19 février 2008
Mama
Un poeme
sur la mere ideale ecrit a 4 mains et recite a 2 voix. Edite par moi-meme.
Merci a Val pour cette collaboration, c'etait tres agreable a faire!!!
'Mama'
una mamacita siempre tiene Une maman a toujours
una cancion en la boca Une chanson a la bouche
una sonrisa sobre sus labios Un sourire sur les levres
y palabras consoladoras Et des paroles reconfortantes
Una madré siempre tiene Une maman a toujours
Manos dulces y parfumadas Des mains douces et parfumees
Un corazon tierno e soleado Un coeur tendre et ensoleille
Que recalienta todas las penas Qui rechauffe toutes les peines
une maman est comme un soleil
qui te nourri par sa chaleur
elle te donne les bases
pour tenir debout tout seul
Maman sucrée comme un dessert
Jolie et dorée comme les blés
Maman caresse comme une promesse
Maman tendresse à jamais
the mamas are the roots Les mamans sont les racines
that are buried deep Profondement enterrees
into the soil Dans l'humus
of this blue earth De cette terre bleue
She's the only one, C'est la seule
She's perfect Elle est parfaite
She is a mother C'est une mere
For life(more)
Pour la vie
lundi 18 février 2008
Londres, fevrier 1888
La nuit etait tombee sur les docks de Londres.
Seule dans la brume et sous la pluie, Janeczka se rendait a son travail.
De vingt et une heures a cinq heures, elle y gagnait - a peine - son pain quotidien. Le labeur y etait repetitif et ereintant. Les employes parlaient peu, et a mi-voix. La plupart etaient des ex-bagnards qui desiraient garder un profile bas. Ils ne repondaient que par des grognements, et pendant leur pause fumaient des cigarettes d'un air lugubre.
Quelques femmes etaient du nombre. Elles arboraient des tatouages peu communs et memes des cicatrices, souvenirs de disputes animees et tres probablement imbibees. Elles cherchaient surtout de quoi payer leur absinthe et leur dependance a l'opium. Elles etaient en general trop defigurees pour avoir une chance de louer leurs services charnels.
Dans ce coin recule de la ville, les seules personnes qui s'approchaient des docks etaient soit des clochards, soit des prostituees atteintes d'une quelconque maladie venerienne qu'elles se souciaient peu de transmettre.
Occupee a descendre le cargo d'un navire fraichement arrive des Antilles (activite qui lui avait peu a peu confere des biceps sur-developpes), Janeczka apercu du coin de l'oeil un homme qui l'observait.
Il s'approcha d'elle. Elle pu donc l'etudier plus a son aise.
Grand, elegant comme seul un marin Anglais peut l'etre, son regard tenebreux plongea dans le sien. Ses cheveux de geai impeccablement coiffes flottaient dans la brise nocturne, et elle pouvait jurer qu'une senteur tropicale emanait de lui.
Il prit la parole. Sa voix etait grave et douce.
'C'est etrange... que fait une lady comme vous sur ces docks, a cette heure incongrue?'
Janeczka prit une profonde inspiration et repondit:
'Nan mais, tu s'rais pas un brin pompette, fiston? ou c'est qu't'as vu une lady, dis-moi? sur les docks, a c'te heure-ci?'
Le matelot, la mine deconfite, ne trouva rien a repondre.
Janeczka rencherit:
'Moi, une lady? me fais pas rire! Avec mes bras de lutteur? c'te bonne blague! retourne donc sur ta vieille bicoque, et prends le large loin d'ici!!'
Le moussaillon ne se le fit pas dire deux fois.
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Ce texte m'est venu suite a ce billet et surtout aux commentaires qui ont suivi... tout ca m'a bien fait rire!!!
samedi 16 février 2008
Le travail
J'ai donc recemment debute a mon nouveau boulot.
Ce n'est pas tres loin en voiture (je fais du co-voiturage), c'est assez facile (ajuster les comptes* des clients de facon correcte), mais evidemment, c'est paye des clopinettes.
Quelques choses que j'ai remarque:
- Comme dans toutes les autres entreprises, l'organisation n'est pas souvent au rendez-vous
- le savon est rose et a une senteur doucereuse presque ecoeurante
- la reception sent le vieux livre de chimie
- les boissons sont a 20p (et elles sont bonnes en plus)
- l'atmosphere est assez detendue, ce que j'aime
On m'a aussi confie que 6 personnes en 5 semaines etaient parties. Certains ont pris la poudre d'escampette devant le salaire et/ou le travail en lui-meme (tout le monde est d'accord pour dire que c'est ennuyeux).
Mais je ne suis pas comme ca - et j'ai besoin d'argent. Je vais essayer de rester au minimum un mois, on verra ensuite.
* rien a voir avec la finance, heureusement!
jeudi 14 février 2008
Suenos (Y) Secretos
Bientot, les aventures de Janeczka au bureau... Mais en attendant:
Une petite traduction?
Reves (et) Secrets
Ouvre la fenetre
Eteins la lumiere
Regarde ce ciel d'ete comme un secret ancestral...
Des nuages de sucre... laisses-toi aller.
Le soleil se leve du sol et illumine ce ciel de sang.
Je ne peux echapper a cette vie
Je me suis perdue dans la foret,
Dans le trou noir de la nuit
Dans le vide du fleuve.
Les hauteurs m'appellent
Toujours je marche
La lumiere si douce a mes cotes,
Comme un esprit sacre
Jeux de miroirs et de mirages...
Je me transforme en fantome.
Le temps, comme le sable
N'est pas fige,
Il est toujours en mouvement
Bien que l'horloge soit brisee...
Qui connait les mensonges qui se cachent en plein soleil?
Ne jamais cesser d'oublier les paroles pour juger
Ne jamais cesser de se rappeller des mots pour oublier
Ne jamais cesser de pardonner
Rappelle-toi de la nostalgie et vis la melancolie.
La pluie est comme des larmes sur ton visage si triste.
Le mensonge me jete dans un monde obscur.
Allume la bougie: l'apres-midi s'evapore.
En haut des montagnes, sous les etoiles:
Qui sait ce qu'il se passe lorsque la lumiere s'eteint?
Au fait, si vous vous appellez Valentin et que vous passez par la... Bonne fete!
mardi 12 février 2008
Un petit mot en vitesse
Juste pour vous dire que je ne suis pas morte, mais toujours bien vivante, ou presque.
C'etait mon deuxieme jour aujourd'hui, et j'y retourne demain.
C'est fou comme le temps passe vite, on dirait que j'ai 1001 choses a faire en rentrant. Alors que pas du tout!
Que m'arrive-t'il?
J'espere vous parler prochainement de mon travail, meme s'il n'y a pas grand-chose a en dire.
Cacanalblog Analblog Canalbogue enfin vous aurez compris fait des siennes, et les commentaires mettent au moins 10h avant d'etre enregistres. Ne vous inquietez donc pas si votre commentaire n'apparait pas tout de suite.
Bonne nuit.


